Le divorce entre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et son épouse Simone, demandé par M. Gbagbo après son acquittement par la justice internationale et son retour à Abidjan en juin 2021, a été officiellement prononcé jeudi, selon un communiqué de l’avocat de Simone Gbagbo.
Le communiqué de l’avocat, Ange Rodrigue Dadjé, précise que le divorce a été prononcé aux torts exclusifs de Laurent Gbagbo, pour adultère caractérisé et notoire, abandon de domicile conjugal et injures graves envers Simone Gbagbo. L’avocat ajoute que c’est à l’ancien président lui-même, qui souhaitait ardemment divorcer, de renoncer à faire appel de cette décision pour que son souhait se réalise enfin.
À son retour en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, accompagné d’une autre femme, avait demandé le divorce à Simone, avec qui il a eu deux filles. Simone Gbagbo, âgée de 74 ans aujourd’hui et surnommée « la Dame de fer », formait un duo redoutable avec Laurent Gbagbo lorsqu’il était au pouvoir de 2000 à 2011.
Ils ont été arrêtés à Abidjan en avril 2011 en raison de leur rôle pendant la crise sanglante qui a suivi la présidentielle de 2010 et du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara. Simone Gbagbo avait été condamnée en 2015 à 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État », mais elle a bénéficié d’une amnistie en 2018 au nom de la « réconciliation nationale ».
Quant à Laurent Gbagbo, 78 ans, il avait lui aussi été condamné à 20 ans de prison en Côte d’Ivoire pour le « braquage » de la Banque centrale ouest-africaine pendant la crise de 2010-2011. Bien qu’il ait bénéficié d’une grâce présidentielle, sa peine n’a pas été effacée et il reste radié de la liste électorale en vue des élections locales du 2 septembre et de la présidentielle de 2025.
Sur le plan politique, Simone et Laurent Gbagbo, qui ont mené ensemble le combat pour le multipartisme il y a plus de 30 ans, suivent désormais des trajectoires séparées avec la création de leurs propres partis politiques.
Aimé Binda